L’aube du Sunrise Ride

Dis, Mamie, c’est vrai que tu y étais, au premier « Sunrise ride » de Montpellier ?
« Oui mon enfant ! C’était il y a bien longtemps, en 2018, vers la fin de l’automne je crois. Ah, je me souviens bien ! Nous étions neuf ! Il y avait Anaïs, Barbara qui avait eu cette belle idée, mais aussi Daniel, Erik, Garance, Marcin, Nicolas, Sophie et Vítek qui très vite ont répondu « présent », bien sûr, tous des précurseurs ! C’était la première fois à Montpellier, tu sais, nous étions fiers, nous savions que l’histoire se souviendrait de nous et surtout que, le temps d’une balade, nous serions les reines et les rois du monde.

Alors bim, avant de pédaler on a fait un selfie.

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Puis, nous sommes partis vers six heures et demi, il faisait encore nuit. En face la masse noire du château perché de la mairie évoquait Kafka. Peu de temps avant, un samedi matin, nous y étions allé à près de 1500 pour exprimer au Maître du Château, notre bonheur de faire du vélo…C’était le 10 novembre, en pleine lumière, le premier jour de l’an 01 de la transition cyclable à Montpellier. Il y avait les vétérans de Vélocité et du Sub24 Montpellier, les baroudeurs du bivouac de proximité, les vélos avec remorques, les familles, les vélos cargo et même des cyclistes couchés.

JeSuisUnDesDeux

Nous avons roulé sur cette belle piste cyclable qui permettait d’atteindre la mer, le long du fleuve. Notre objectif était d’y arriver avant 7 h 56 pour voir le soleil se lever. On avait le temps…A l’époque, tu sais, elles étaient assez rares les bonnes pistes cyclables ! Les voitures, qui roulaient presque toutes à l’huile de pierre, occupaient encore beaucoup de place dans la ville. Une véritable addiction généralisée ! D’ailleurs beaucoup de gens en étaient malades, sans compter l’épidémie de sédentarité qui touchait petits et grands.

Quel bonheur de pédaler dans la nuit !
En chemin, certains préféraient sentir, écouter les bruits nocturnes, regarder quelques étoiles malgré les nuages ou même méditer, les bras écartés. Les autres, deux à deux, en profitaient pour faire connaissance, bavarder, rigoler.
J’étais l’un des deux ! On savait que si l’un(e) de nous avait une difficulté, on serait tous là pour l’aider. Une belle solidarité que suscite le vélo, anagramme de love.
Arrivés sur le port, on a fait une photo à côté de cette belle statue (offerte par un promoteur immobilier… au maire lui même promoteur immobilier). Puis sur la digue, on a vu le soleil se lever et même un arc-en ciel qui faisait contrepoint. On est restés coi. Et si le fils de Viracocha n’était pas sorti avec Pachamama, aurait-il encore davantage pleuré ? Le « meneur du jour » nous a littéralement subjugué. Un instant magique, à portée de pédalier. La mer semblait calme ; est-ce que les poissons dormaient encore ? Je crois qu’il en restait encore à cette époque.

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Au café tout proche, on a déjeuné puis Sophie a remarqué : la plage est pleine de plastique, on a qu’à la nettoyer sinon les crabes vont tout bouffer ! Ils vont s’étouffer ! Daniel, trop paresseux, en a profité pour s’esquiver et aller se baigner. Enrhumé, il est ressorti de l‘eau en pleine santé ! Température de l’air 11 °, de l’eau 17 ° Deux sacs pleins de détritus avaient été collectés : un inventaire à la Prévert. Ho ! La sucette à la plage, faut arrêter !

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Ah une belle équipée ! C’est là qu’on a décidé de se poser dans la semaine pour « débriefer » et prolonger cette belle amitié : le premier Sunrise Ride de Montpellier était né ! On savait que les enfants de nos enfants viendraient. Comment résister ?

Sunrise Ride

Texte: Daniel Frayssinet
Photos: Barbara Crimi et Vítek Svatoš

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Publié dans Rapport de sortie